Crayons de couleurs·Livres de coloriage

Copier ou créer ?

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Portrait photoréaliste aux crayons de couleur Luminance de Caran d’Ache (en cours).

Avec trois enfants à la maison et un emploi à gérer, j’ai peu de temps pour dessiner mais j’en ai besoin pour déconnecter et mettre un peu de peps dans mon quotidien.

En ce moment, je cherche à améliorer ma technique, et je me pose beaucoup de questions sur la manière d’aborder le dessin : copier ou créer de A à Z ?

Le but final étant toujours de progresser et de prendre plaisir à la réalisation, alors comment procéder pour concilier tout cela ?

 

Inspiration

Lorsque je suis à cours d’idées, le fait d’aller rechercher sur le web des vidéos, des photographies de haute qualité ou les dessins d’autres créatifs suffit généralement à susciter l’inspiration et me motive à me lancer.

Le plus difficile, c’est de s’y mettre ! Faire taire la petite voix intérieure qui nous incite à partir perdant et sous-estimer nos capacités, et se souvenir que « c’est en forgeant qu’on devient forgeron » !

 

Méthode

Une fois inspirée, j’essaie de visualiser ce à quoi je souhaiterais arriver. Là aussi, je mène un travail sur moi-même pour éviter les gros projets qui peuvent décourager par leur ampleur car j’ai encore du mal à contenir mon enthousiasme !

La copie

Le plus souvent, je copie une photographie qui m’inspire pour m’entraîner et consacre donc pas mal de temps à peaufiner la technique que je vais utiliser. C’est une méthode que j’utilise beaucoup car je ne me sens pas encore suffisamment à l’aise pour créer un dessin de A à Z. Cela me permet d’observer, de tester, tout simplement d’évoluer et de bâtir ma confiance.

Le problème avec la copie, c’est une tendance perfectionniste qui m’amène à passer des heures sur un dessin alors qu’en ce moment, je vise plutôt les petits projets pour gagner en confiance.

La création

C’est une méthode que j’ai déjà testé mais qui m’effraie encore un peu. Cela viendra lorsque j’aurai trouvé mon style et plus d’assurance dans la réalisation de mes dessins. Je vais m’entraîner à créer des petits dessins dans les prochaines semaines. Un carnet de croquis petit format devrait faire l’affaire et me permettre de focaliser sur un dessin de petite envergure.

La réalisation sur coloriage adulte

C’est ce que je préfère actuellement, car c’est ludique et les résultats que j’obtiens m’encouragent à aller plus loin. Je peux aussi me concentrer pleinement au processus de réalisation car je ne me préoccupe pas du croquis. Cela me permet d’essayer du matériel facilement et de travailler divers effets. J’effectue tout de même beaucoup de recherches préalables en relation avec mon sujet pour trouver des effets/couleurs/idées à incorporer à ma réalisation, cela rend le travail plus technique et me permet de me lancer des défis. Voici l’un de mes derniers coloriages.

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Baby Mermaid, réalisé aux crayons de couleur prismacolor – Livre Pop Manga Mermaids de Camilla D’Errico.

 

Apprendre à créer par petites touches

Je constate qu’il est tout à fait possible d’utiliser un livre de coloriage pour progresser en douceur, sans prise de tête. C’est le cas dans la réalisation ci-dessous. J’ai travaillé sur les ombres et les lumières des vêtements, du visage et des cheveux, ajouté des effets sur le visage et modifié certains détails (forme de la bouche, des sourcils), pour jouer sur le côté effrayant. J’ai voulu donner un côté plus abouti et plus « dessin » à ma page en rajoutant les pierres pavées et la brume.

La poupée qui était initialement imprimée sur la page de coloriage fournit une structure autour de laquelle il devient plus facile de créer. Ce m’a permis ici de me concentrer sur un petit projet de création pour une réalisation finale plutôt sympathique et d’entretenir ainsi ma motivation à apprendre.

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Creepy Doll, réalisé aux crayons de couleur Prismacolor – Livre Secretly and Happily de Lee Ilsun et Jo Hye Rim.

J’ai créé mon tout premier tutoriel vidéo pour la réalisation des pierres, il est disponible ici. Il n’est pas de très bonne qualité car je n’ai pas l’habitude de filmer.

Mes projets en cours et à venir

J’ai un coloriage en cours et un projet aquarelle sur carnet de croquis. Je suis aussi des cours vidéo en essai gratuit sur Skillshare, j’y apprends énormément. Ils devraient me permettre de focaliser sur de toutes petites réalisations tout en perfectionnant mes connaissances de l’aquarelle.

Et enfin, un peu de lecture ! Elle me permet de m’évader un peu plus et d’entretenir mon vocabulaire. J’y trouve aussi une utilité pour le dessin car les personnages m’inspirent énormément d’images.

This week's books

Et vous, comment avez-vous débuté et quels mécanismes avez-vous mis en place pour progresser ?

Livres de coloriage

Coloriage adulte

Je me suis mise au coloriage dans des livres pour adultes très récemment. J’avoue non sans honte que j’avais d’énormes préjugés sur cette activité que j’imaginais plutôt comme une perte de temps.

Sauf qu’entre temps, j’ai découvert la box coloriage d’Inkybox, qui permet de se procurer des livres et du matériel de grande qualité ainsi que des tutoriels. Petit à petit, je me suis rendue compte que cette activité peut être très technique et que j’ai surtout encore beaucoup de choses à apprendre!

Pourquoi le coloriage adulte ?

A l’origine, je souhaitais me servir des livres de coloriage comme des cahiers d’entraînement pour essayer mon matériel de dessin, m’entraîner aux dégradés, fondus, et maîtriser le mélange des couleurs, les ombres et les lumières, sans avoir à passer un temps fou sur le croquis.

C’est exactement l’utilisation que j’en ai aujourd’hui, hormis que j’ai découvert de superbes auteurs et que je perçois aujourd’hui leurs livres comme des petits trésors à garder précieusement une fois terminés.

Quel en est le principe ?

Le support

Il y en a pour tous les goûts, des réalisations féériques ou mystiques aux contes pour enfants illustrés, en passant par les classiques de Disney ou les films et séries. Ceux qui m’attirent le plus ont un rapport avec la littérature ou l’histoire, les portraits féminins, la nature, la mythologie…

Le type de papier

On trouve des ouvrages plus ou moins épais, imprimés sur le recto uniquement ou en recto verso. Tous ne se valent pas en terme de qualité de papier. Les livres qu’ Inkybox m’a fait connaitre sont superbes, les pages épaisses et lisses permettent de jolis mélanges homogènes. Le crayon n’a pas abîmé le dessin au verso, malgré une utilisation soutenue sur toutes les zones coloriées.

Les dessins

Là encore, il y en a pour tous les goûts. Certains livres comportent énormément de détails. Le seul élément que je trouve gênant sont les contours noirs, car ils restent difficiles à camoufler. L’encre de ces contours bave parfois un peu lors des mélanges de couleurs à proximité.

Le matériel

Il n’y a pas beaucoup de limites, sauf peut-être sur les papiers fins. Je vois d’ailleurs d’autres personnes utiliser de l’aquarelle, des feutres, du pastel sec ou gras… Je n’ai testé que les crayons de couleurs à ce jour.

En bref, le coloriage est un excellent moyen de progresser de manière ludique. Les dessins prennent vie au fur et à mesure, c’est très agréable. L’effet « avant »/ »après » est saisissant.

Voici mes deux premières réalisations :

Flower girl - Fafahe coloring book

Flower Girl, réalisé aux crayons de couleur Prismacolor – Livre Les Quatre Saisons Fantastiques de Fafahé.

Flower Girl - Momo Girl coloring book (1 sur 1)

Flower Girl #2, réalisé aux crayons de couleur Prismacolor – Livre Girls with Poem de M.O.M.O. Girl.

Matériel utilisé :

Crayons Prismacolor Premier, style gel blanc. J’utilise aussi une gomme électrique pour les retouches, les reflets, et des feutres de type Sakura Micron noirs pour les cils et autres détails.

Technique utilisée :

Application sur une même zone de nuances de couleurs, par couches successives, afin de souligner les zones d’ombres et de lumière. J’ai tenté d’homogénéiser le tout avec la méthode du « burnishing » qui consiste à appliquer beaucoup plus de pression lors de la dernière couche afin d’aplatir le grain du papier et de lier toutes les couches et les couleurs entre elles. J’utilise généralement un crayon blanc pour cela, et pour remédier à l’éclaircissement qui en découle, je ravive l’éclat et le contraste du coloriage en reprenant les couleurs précédemment appliquées là où ça me semble nécessaire.

Sur la chevelure du premier portrait, j’ai accentué les reflets à l’aide d’une gomme et apporté pas mal de détails avec un feutre noir très fin.

Voici un comparatif de l’avant/après !

Comparatif Flower Girl

J’ai encore beaucoup à tester et matière à m’améliorer, vous verrez donc d’autres coloriages prochainement, mais avant ça, j’aimerais terminer Maman a tort et On la trouvait plutôt jolie de Michel Bussi, deux livres qui viennent compléter mes lectures estivales !

 

Pastels secs

Essais au pastel sec

Ce n’est qu’en 2017 que j’ai mis mes crayons graphite de côté pour entreprendre la réalisation de portraits en couleur. Le modelé, les jeux d’ombres et de lumières, me paraissaient déjà trop complexes pour expérimenter en plus les associations de couleurs.

J’ai sauté le pas avec le pastel sec car sa texture friable permet d’y aller par petites touches sans prendre de risques. Voici un petit topo de mes premières impressions.

Avantages :

  • Le choix du format avec des bâtonnets à utiliser pour travailler les zones larges (un fond, par exemple) ou des crayons, qui permettent beaucoup plus de précision.
  • Un grand choix de marques et de couleurs.
  • La possibilité de mélanger les couleurs et de faire des dégradés en appliquant des couches successives sur les zones choisies.
  • Le pastel sec s’estompe facilement, au doigt, avec un mouchoir en papier, des estompes ou du papier buvard pelucheux.
  • Le travail est plus rapide qu’avec des crayons de couleur par exemple, et il n’y a pas d’inconvénients liés au séchage comme pour la peinture.
  • Une couleur claire appliquée en monochrome sur un papier foncé donne de superbes effets lumineux. On peut aussi se servir de la couleur du papier comme zones d’ombres pour créer le modelé.
  • On peut associer d’autres techniques au pastel. Je n’ai testé que les crayons de couleurs en complément et suis plutôt satisfaite du résultat.

Inconvénients :

  • Les précautions à prendre pour la conservation des dessins : les pigments de pastel sec sont volatiles, on conseille donc souvent d’utiliser un fixateur, ou un papier abrasif adapté qui retiendra les pigments. Pour l’instant je conserve mes dessins en les protégeant avec du papier calque, bien à plats dans une chemise. J’ai remarqué en surfant sur internet qu’il est souvent conseillé d’exposer une œuvre au pastel sous verre et d’y ajouter une Marie-Louise pour que les pigments ne bougent pas.
  • Les fixateurs sont réputés toxiques et on recommande un peu partout de les manier en extérieur et avec précaution. Ils peuvent aussi provoquer des coulures s’ils sont mal pulvérisés et altèreraient légèrement les couleurs au séchage. Je n’ai pas encore testé étant un peu réticente au fixateur pour toutes ces raisons.
  • Les papiers pour pastel sec peuvent varier énormément en texture et en prix et nécessitent un temps d’adaptation à chaque fois, ce qui me paraît déstabilisant lorsqu’on débute.
  • Le papier sature au bout d’un certain nombre de couches, ce que j’ai remarqué sur les essais réalisés car le pastel ne marque plus aussi bien. Difficile d’anticiper ce moment à moins, je suppose, d’avoir une bonne connaissance des limites du papier utilisé à force d’essais.
  • Les erreurs deviennent difficile à corriger au fur et à mesure des couches,  on peut toutefois tricher un peu tant que le papier n’arrive pas à saturation, cela dépend des couleurs utilisées et de l’erreur en question.

Démonstration en images de mes premières réalisations :

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Ici, les crayons m’ont permis de souligner les plis de la lèvre avec des traits fins et nets.

vanessa Hudgens- soft pastels - blayacfineart

Sur celui-ci, les touches de blanc apportent beaucoup de lumière à l’ensemble du portrait. J’ai eu quelques difficultés avec la boucle d’oreille qui ne ressort pas, et les cheveux car il manque des couches (on discerne le grain du papier). J’ai également eu quelques soucis de proportions, mais ça c’est une autre histoire.

Matériel :

Crayons Faber-Castell, papier bristol blanc de Daler Rowney, papier mi-teintes bleu gris de Canson, estompes et papier buvard. Crayon de couleur polychromos noir pour les cils et sourcils.

Globalement, j’ai été surprise de la facilité d’utilisation du pastel sec et suis parvenue à créer des dessins à la hauteur de mes espérances assez rapidement. Ce n’est pas parfait mais j’en suis satisfaite, d’autant plus que je travaille habituellement assez lentement mais qu’avec le pastel, j’ai bien diminué mon temps de réalisation.

Quelle est votre expérience du pastel sec ? Avez-vous pu comparer les marques et les papiers ?

Prochaine étape : des tests dans des livres de coloriages, avec un gros point d’interrogation sur la conservation des pigments compte tenu de la texture lisse du papier.